BULLETIN DE L’HÔPITAL LACOR – HIVER 2021

L’Hôpital Lacor représente un Rêve mondial où n’importe qui, peu importe ses origines, son statut social, ses croyances ou son affiliation politique, peut réussir et contribuer au bien commun grâce au travail acharné et à la persévérance.

Par la voie de notre Rêve mondial, nous sommes tous interreliés, déterminés à dispenser des soins de santé aux pauvres et à lutter contre la maladie et la pauvreté. Ces liens ont été alimentés, durant les premières années du Lacor, par les Drs Lucille Teasdale, Piero Corti, Matthew Lukwiya et le frère Elio Croce. Aujourd’hui, ces liens sont maintenus par la fille de Lucille et Piero, Dominique Corti, les directeurs actuels du Lacor, ses médecins et infirmières, et tous les autres travailleurs de l’Hôpital et de ses fondations, ainsi que par nos nombreux donateurs, petits et grands.

La réussite du projet Gestion de la pharmacie découle de l’étroite collaboration entre nos chers pharmaciens du Lacor et les pharmaciens canadiens, et du soutien financier de la Fondation Marcelle-et-Jean-Coutu. Tous ont démontré le souci constant de cibler les besoins locaux et de collaborer avec le personnel en place pour trouver des solutions adéquates qui respectent la réalité des communautés avoisinantes. La pharmacie du Lacor joue désormais un rôle essentiel dans le développement de l’Hôpital, participant récemment au groupe de travail sur la COVID.

Cette édition vous propose deux histoires. La première traite du parcours du département de pharmacie du Lacor, et la seconde concerne la réaction de la jeune Canadienne Livia face aux restrictions faisant suite à la pandémie. Le texte de Livia montre comment nos actions ont un impact positif sur notre entourage. Nous avons tous été témoins de gestes généreux durant cette période difficile.

Nous vous souhaitons un bon temps des fêtes et une année 2022 en santé.

L’équipe Teasdale-Corti 



Le partenariat entre la Fondation Marcelle-et-Jean-Coutu (FMJC), l’Hôpital Lacor et la Fondation Teasdale-Corti est marqué par la détermination et le dévouement à la santé communautaire. Pour réussir dans un pays en développement, il faut une approche graduelle où chaque coéquipier est particulièrement soucieux de l’avancement du projet. La pharmacie du Lacor est une des nombreuses réalisations issues de cette étroite collaboration.

En 2010, de son bureau situé à l’étage de la toute première pharmacie Jean-Coutu, Marie-Josée Coutu, tête dirigeante de la FMJC, apporte un soutien moral et financier inestimable à la pharmacie du Lacor, démontrant les mêmes qualités de ténacité et de compassion que ses parents. Son père, Jean, a ouvert sa première pharmacie à escompte en juin 1969 à l’angle des rues Mont-Royal et Garnier. Soutenu par son épouse Marcelle, qui avait repéré l’espace lors d’une promenade avec ses enfants, Jean a investi les économies familiales dans l’entreprise. Dans la spacieuse nouvelle Pharmacie Jean-Coutu, l’idée était d’utiliser les bénéfices générés par les ventes dans l’aire commerciale pour financer les honoraires supplémentaires d’un pharmacien sur place en tout temps. Autrement dit, le public trouverait chez Jean-Coutu des biens de consommation et des produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques au plus bas prix possibles, pour des soins accessibles. Le reste est passé à l’histoire. La pharmacie a évolué en entreprise de renom appelée Groupe Jean-Coutu, toujours aussi proche des gens, d’où son célèbre slogan : On trouve de tout… même un ami! Créée en 1990, la Fondation Marcelle-et-Jean-Coutu est des plus respectées, soutenant des causes qui reflètent ses valeurs au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde, dont l’Hôpital Lacor.

Il y a déjà plus d’une décennie, le Dr Bruno Corrado, alors directeur du Lacor, cherchait de l’aide professionnelle pour réorganiser la pharmacie de l’Hôpital. Médicaments et fournitures médicales étaient alors gardés dans des placards. Petit à petit, grâce aux fonds de la FMJC, et sous l’égide de la chef pharmacienne sœur Joséphine Oyella, l’équipe locale a réorganisé la pharmacie du Lacor pour mieux catégoriser et entreposer les médicaments et fournitures médicales. Les produits ont été consignés dans un système informatisé pour assurer le suivi. Par la suite, le service technique du Lacor a rénové la pharmacie pour améliorer le flux et l’efficacité des approvisionnements et de la distribution des médicaments. Le personnel pharmacien pouvait ainsi mieux gérer les stocks au quotidien et effectuer les inventaires trimestriels consciencieusement et avec exactitude. Celui-ci a également entrepris de livrer directement les médicaments et fournitures médicales aux unités d’hospitalisation au moyen d’un système de carnet de commandes minimales et maximales. Les infirmières avaient ainsi davantage de temps pour s’occuper des patients. Le personnel produit maintenant des préparations pour chimiothérapie et des composés non stérilisés, diversifiant ainsi la gamme de médicaments et de services offerts.



Le personnel local s’est accru dans les pharmacies centrales et satellites, et des stagiaires locaux fournissent régulièrement du soutien clinique et technique en pharmacie. L’éducation étant essentielle à ce projet, les pharmaciens du Lacor ont participé au développement d’un curriculum en pharmacie de l’Université de Gulu où ils enseignent aux étudiants diplômés et certifiés. Ils continuent de soutenir le programme de formation d’infirmières et d’assistants en anesthésie, et enseignent la pharmacologie sur place au Lacor. Des étudiants étrangers des Universités de Montréal et de Toronto ont largement contribué à des projets d’exploitation, d’amélioration de la qualité et d’utilisation des médicaments qui bonifient les soins aux patients.  Dernièrement, les pharmaciens et le personnel du Lacor ont joué un rôle essentiel dans la gestion de la pandémie. La pharmacie fait partie du groupe de travail COVID, du comité de contrôle des infections et du comité de pharmacothérapie. Un pharmacien intéressé par la production pharmaceutique a dirigé la production sur place de désinfectant pour les mains.

Nous sommes fiers que la pharmacie du Lacor soit devenue une des meilleures pharmacies hospitalières en Ouganda. D’autres établissements, comme les hôpitaux de Mubende, Lira, Jinja et Kabale, appliquent désormais les normes exemplaires de pratique pharmaceutique développées au Lacor. Mais le Lacor n’entend pas s’arrêter là. Bien au contraire, les prochains projets seront consacrés à l’implantation d’un système de distribution de doses unitaires qui fournira au patient, en temps opportun, la dose prescrite d’un médicament. La pharmacie continuera également à transmettre son expérience et à partager ses réussites en matière de gestion de pharmacie, au bénéfice des patients d’autres milieux défavorisés.

Nous remercions chaleureusement toutes les personnes engagées dans ce projet : sœur Joséphine, chef pharmacienne, qui a renoncé à la médecine pour devenir pharmacienne au Lacor; Jacob Odora, le pharmacien du Lacor qui a été le cœur et l’âme de la production de désinfection des mains pendant la pandémie; Jacintha Otine, une autre pharmacienne du Lacor récompensée par l’Université de Toronto comme meilleure éducatrice; les techniciens et assistants en pharmacie locaux; les services technique et administratif; la direction du Lacor, les Drs Odong, Martin et Cyprian; les étudiants canadiens en pharmacie; les Fondations Teasdale-Corti italienne et canadienne; Doret Cheng, pharmacienne qui a quitté son emploi au Canada pendant un an pour implanter le projet; Susan Fockler, une autre pharmacienne canadienne ayant souvent visité le Lacor, qui collabore étroitement avec Doret et le personnel local; et enfin, la famille Coutu. Le soutien de la FMJC a fait évoluer la pharmacie du Lacor d’une manière qui aurait été impossible autrement. Il va sans dire que le succès de ce projet est un travail d’équipe.


En 2021, Livia a participé au concours d’écriture du Barreau du Québec intitulé La Justice a bonne mine. Son texte d’environ 250 mots ayant pour thème « Quelle est ta responsabilité, en tant que jeune citoyen, lorsque la société est confrontée à une crise? » a remporté la catégorie des élèves de l’élémentaire en français. Le voici :

La COVID-19 a foudroyé Montréal. Dans le salon, la conversation est tendue. Je suis en colère. Mes parents m’interdisent de voir mes grands-parents, car ils craignent que je les infecte. Mes parents m’envoient prendre une marche avec mon chien pour me calmer et réfléchir sur la situation actuelle.

Dans un parc, j’entends un bruit étrange. Je me retourne et je vois un peu de neige projetée et un ski de fond qui glisse vers moi, abandonné. Je me rapproche tranquillement, un peu inquiète. Je vois un homme âgé par terre, seul, incapable de se relever. Je veux l’aider, mais j’ai arrêté mes actions, car je crains de l’infecter. Je me retourne et je ne vois personne pour l’aider, sauf moi. Je lui glisse son bâton de ski pour qu’il se lève, mais l’homme retombe. J’essaie de penser à une solution. Mon cœur est lourd.

Je cours vers ma maison, mon chien dans mes bras, je me rends à bout de souffle. En quelques mots, j’explique la situation à mes parents. Quand nous allons au parc, ils voient la personne âgée et appellent les urgences. En deux temps trois mouvements, ces derniers arrivent avec des masques et s’occupent du monsieur. 

Par la suite, je demande à mes parents un compromis. Ils acceptent de m’emmener chez mes grands-parents. Je les salue, par la fenêtre, je ressens un grand bonheur et mes yeux se remplissent d’eau. Ma responsabilité est de rester loin d’eux physiquement tout en les gardant proches de mon cœur.

Pour son texte, Livia a remporté un prix de 200 $, dont elle a remis la moitié à la Fondation pour le traitement d’un enfant ougandais. « J’ai fait ce don parce que je suis contente pour tout ce que j’ai ici et je veux partager avec des personnes moins fortunées. »

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