BULLETIN DE L’HÔPITAL LACOR – PRINTEMPS 2020

Chers amis, chères amies,

Le professeur Christopher Sarlo, économiste canadien et agrégé supérieur à l’Institut Fraser, définit comme « besoins élémentaires » minimaux d’une personne la nourriture, le logement, les vêtements, les soins de santé, les soins personnels, les biens essentiels, le mobilier, le transport, la communication, la lessive et l’assurance-habitation. Cette liste suppose que tous les résidents du Canada ont accès à l’éducation gratuite.

S’il s’agit là des nécessités pour simplement survivre, imaginez ce qu’il nous faut pour prospérer. De quoi avons-nous besoin pour construire une société saine comptant des gens capables de subvenir à leurs besoins et d’innover dans leur communauté?

Il est dans notre intérêt personnel que chaque être humain sur notre planète soit en santé, notamment ceux qui vivent sur le seuil de la pauvreté ou en-dessous de celui-ci, au Canada et ailleurs dans le monde.

Plus les gens prospèrent dans le monde, plus d’esprits travaillent à surmonter nos défis les plus difficiles, comme celui de vaincre le cancer. Imaginez un monde où notre population entière – plus de sept milliards de personnes – bénéficie du même niveau de besoins élémentaires, plutôt que seulement le milliard de personnes qui sont actuellement capables de se permettre une expérience sanitaire et éducative. Il y aurait certainement davantage d’innovation dans ce monde. Peut-être aurions-nous même déjà trouvé le remède contre le cancer. Plusieurs têtes valent mieux qu’une.

Toutes les causes sont valables si on les défend dans cet esprit de coopération.

Situé dans le nord de l’Ouganda, l’Hôpital Lacor lutte contre la pauvreté dans le monde en améliorant les soins de santé. Ce trimestre, nous vous racontons deux histoires du Lacor illustrant et célébrant l’amélioration de la vie des gens de la région, de même que les réalisations globales du dernier exercice de l’hôpital.

Enfin, nous présentons nos souhaits sincères face à la crise sanitaire mondiale causée par la COVID-19. Nous espérons que vous resterez en bonne santé de corps et d’esprit pendant que nous affrontons cette crise du point de vue individuel et collectif, pour assurer la sécurité des membres les plus vulnérables de notre communauté. Bien que la pandémie soit affligeante à bien des égards, elle nous rappelle aussi l’importance de nos systèmes de soins de santé et les changements incroyables qui peuvent être réalisés grâce à l’unité et au soutien.

Sincèrement,

L’équipe Teasdale-Corti 



Aïsha, âgée de 21 ans, fait l’éloge de l’hôpital : « Les médecins du Lacor m’ont sauvé la vie! Je pourrissais de l’intérieur, mais ils m’ont opérée, soignée et maintenant je me sens mieux et je suis prête à rentrer à la maison. »

Il a fallu cinq mois pour établir le diagnostic d’Aïsha et lui rendre la santé. Tout a commencé en septembre 2019, lorsqu’on a conduit Aïsha à l’un des hôpitaux situés sur la route de Kampala à Gulu. À la suite de complications, elle a accouché par césarienne d’un enfant mort-né. Après un accouchement aussi difficile, son état s’est détérioré chaque jour durant les trois semaines d’hospitalisation suivantes. Les intervenants sanitaires concernés l’ont donc transférée au Lacor.

Dès son arrivée, les médecins du Lacor sont intervenus et ont opéré Aïsha une deuxième fois, après quoi elle a remarqué qu’elle ne contrôlait plus sa miction. Une fistule s’était développée. Les médecins ont déterminé que, vu sa faiblesse, il lui faudrait trois mois pour récupérer avant qu’une autre évaluation puisse être faite afin de traiter sa fistule. En janvier, elle a été admise à nouveau pour cette troisième opération. Après trois semaines au Lacor, Aïsha se sent prête à rentrer chez elle et reprendre une vie normale. Elle attend seulement que le médecin lui donne son congé.

Selon le Dr Odong Emintone, directeur médical et gynécologue consultant principal au Lacor, Aïsha est l’une de nombreuses jeunes femmes se présentant à l’hôpital pour des complications liées à une grossesse, conséquences d’une mortinaissance, d’un accouchement par césarienne ayant mal tourné dans un autre établissement, d’un avortement incomplet, etc.

De dire le Dr Odong, la lutte contre les problèmes d’accessibilité et l’ignorance est essentielle pour gérer les enjeux de santé maternelle. « Il nous faut une approche multisectorielle. Les routes, les installations sanitaires appropriées et fonctionnelles doivent être là, comme les moyens de transport vers ces installations », explique-t-il. Il ajoute que les dirigeants locaux et la collectivité doivent être sensibilisés et éduqués aux signes de danger chez les femmes. « Nous devons engager tout le monde dans les enjeux de santé maternelle », conclut le Dr Odong.

Ce sont là des défis que doivent surmonter de nombreux pays en développement, dont l’Ouganda. Les infrastructures sanitaires requièrent des approches à facettes multiples. L’Hôpital Lacor traite près de 130 000 femmes et mères annuellement, et il est déterminé à accroître ce nombre grâce à un accès garanti et une sensibilisation accrue. Comme Aïsha, toutes les femmes méritent les soins médicaux les plus sûrs et les plus à jour possible.



Un portail se refermant derrière elle, une ambulance au logo rouge et bleu se fraye un chemin à travers un marché bigarré, puis tourne à gauche vers l’endroit où l’asphalte devient terre rouge compactée. Le  véhicule  représente le Lacor en mouvement, avec son personnel et sa charge d’expérience et de médicaments, en contact avec les gens dans leur communauté. Ce n’est qu’une des façons pour le Lacor d’agir au-delà de son enceinte – comme élément intégrant de la vie dans le nord de l’Ouganda.

Le soir, les infirmiers du Lacor Emmy et Dennis se rendent avec leur équipe dans les villages de la région pour effectuer un test de dépistage du VIH appelé « Test et gâteries au clair de lune ». Ils espèrent attirer les hommes, plus à l’aise de subir un test sous le couvert de l’obscurité. Après leur avoir expliqué la raison de leur visite, Emmy et Dennis installent des bancs et organisent leurs trousses de tests. Un conseiller explique aux hommes pourquoi ils devraient passer le test, puis un technicien recueille une goutte de leur sang. Peu après, un autre conseiller leur révèle le résultat dans un coin discret. S’il est négatif, il leur explique comment prévenir le virus; s’il est positif, un traitement leur est proposé immédiatement. Le dur labeur de cette intervention vise à protéger des vies contre le VIH, qui touche encore 6 % de la population ougandaise. Ce chiffre constitue une immense réussite : En 1993, c’est près du tiers de l’Ouganda qui était séropositif.

En plus de son laboratoire mobile, le Lacor rejoint également la communauté au quotidien grâce à ses petits centres de santé de proximité. La présence de sages-femmes, d’un laboratoire de base et de médicaments essentiels répond aux besoins les plus communs et permet aux populations locales de se rendre dans des installations sanitaires sans parcourir de grandes distances, une impossibilité sans transport accessible. Ces installations permettent également de sensibiliser la population locale aux questions de santé et de diffuser de l’information sur la prévention et letraitement.

Il subsiste une grande pauvreté dans le nord de l’Ouganda, en particulier dans les villages cachés dans l’herbe à éléphant. C’est là que les gens contractent des maladies faciles à traiter en Occident et en meurent : desinfections nécessitant simplement des antibiotiques, ou le paludisme, guérissable lorsque combattu immédiatement avec un traitement approprié.

Le complexe hospitalier du Lacor comprend l’hôpital principal et trois centres de santé : Amuru et Pabbo dans le district d’Amuru, et Opit dans le district d’Omoro. La distance entre les centres de santé de l’hôpital est de 30 à 40 km. La région desservie par l’hôpital englobe les districts de Gulu, Amuru et Omoro, dont la population totale est de 634 249 habitants.



270 000 personnes. L’hôpital Lacor tend les bras pour accueillir ceux qui recherchent assistance et soins. C’est avec grand plaisir que nous communiquons ses réalisations du dernier exercice (2018-2019) avec tous ceux qui le soutiennent par l’intermédiaire de la Fondation Teasdale-Corti.

Des 270 000 personnes ayant visité l’hôpital l’année dernière, 45 000 ont dû être admises dans l’un des 554 lits du Lacor ou dans l’un de ses centres de santé périphériques. La plupart des patients ayant reçu l’aide des médecins, sages-femmes et infirmières de Lacor étaient des enfants de moins de six ans.

Au Lacor, la maternité est toujours au centre des activités. Avec 9 700 naissances, dont plus de 1 800 par césarienne, l’hôpital s’impose comme incontournable dans le nord de l’Ouganda, en particulier pour les urgences et cas compliqués.

En outre, la demande populaire augmente dans les communautés locales, ce qui souligne l’importance de se rapprocher des habitants des zones rurales. Au total, près de cent mille personnes ont été accueillies, observées et traitées dans les centres d’Amuru, Pabbo et Opit. Ce chiffre élevé démontre une intervention remarquable dans les soins de santé locaux.

Le Lacor demeure également déterminé à former une future génération de fournisseurs de soins de santé. Dans l’enceinte de l’hôpital, les écoles forment des étudiants de tout le pays. L’année dernière, 139 sages-femmes et 248 infirmières, de même que des anesthésistes, techniciens de laboratoire et assistants en salle d’opération, ont étudié dans ses écoles. Au total, en comptant les médecins, pharmaciens, stagiaires et étudiants externes à la Faculté de médecine de Gulu, le Lacor a formé 762 étudiants.

Tout cela a coûté 7 millions de dollars canadiens. En nous appuyant, vous aidez le Lacor à traiter tout le monde, notamment les personnes les plus vulnérables du nord de l’Ouganda.

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